Jan 2, 2020 | Cycling East | 0 comments

Dragon power

The following article has been published in January 2020. Lead by the travel flow and in the will of writting the next articles, we haven’t published its english version yet. We put it online here too so you can enjoy a moment back in the past with us now, using the fonctionality of Google Translate.

[30 sept. – 25 oct. 2019]

Cet article, comme tous les précédents, a été écrit par Angélique et Xavier. Le livre n’a pas encore trouvé son éditeur. A bon entendeur, salut !

Difficile de décrire l’immensité, la diversité et la variété de la Chine. En deux mois à travers une petite partie du pays, on ne découvre que peu de ce que le pays contient a à offrir. Après un séjour en hauteur, on perd de l’altitude pour rattraper les chaleurs d’Asie du Sud-Est.

1000 kilomètres en dessous de 1000 mètres

Réveiller le tigre en nous

Les jambes encore courbaturées de notre ascension de la Haba Mountain, on reprend la route à vélo. On pensait simplement croiser les Gorges du Tigre et remonter passer un col au pied de la Montagne de Jade. En route on change d’avis et on se dit que quitte à être là, on pouvait bien passer par les célèbres gorges.

Camping sauvage devant les gorges du tigre

En descendant des hauteurs du plateaux de Shangri-La et de la fin de la culture tibétaine, on découvre nos premiers champs de fruits du dragon. Mangé directement après avoir été cueilli, ce fruit est excellent. Les étalages au bord de route n’aurons de cesse de nous accompagner jusqu’au Vietnam, transmettant la force du dragon pour les cols à venir.

La force du (fruit du) dragon

On est contents de faire les 30 kilomètres de route sinueuse des gorges du tigre, mais on émet quelques réserves : on a déjà vu d’autres gorges impressionnantes dans ce voyage et beaucoup moins touristiques. Mais ça n’empêche pas qu’elles restent très belles et qu’on est impressionnés par leur profondeur.

Les vallées traversées de villages en villages sont largement cultivées. Le soir, difficile de trouver un spot de camping bien que pour les chinois cela ne pose généralement pas de problème. On s’enfonce dans les champs de maïs, loin de la route et on trouve un petit espace plat non cultivé. De là, on voit passer des femmes avec des sacs à dos remplis d’épis de maïs. Ces petites femmes portent ces lourdes charges sur leur épaules ou leur tête. A chaque passage, un sourire et une petite phrase gentille (qu’on ne comprend pas, malheureusement). Ça fait plaisir.

Les toits chinois très caractéristiques

Tourisme inattendu

Encore mouillés par la pluie, on cible sur la carte la petite ville de Jianchang avec quelques hôtels. On traverse des zones qui regroupent des déchets, puis le premier hôtel qui est en fait un quatre étoiles, surplombant le vieux centre ville. Plus on se rapproche du centre, plus on voit de la vie et on découvre le centre historique : de jolies ruelles étroites pavées. Autant dire que les touristes chinois étaient ici en masse en cette semaine de vacances nationales.

A vélo sur les belles rues pavées du centre historique

C’est dans un joli petit gîte plutôt chic pour nos standards qu’on passera la nuit. Par chance, l’une des amies du propriétaire, ici en vacances, parle anglais et peut nous aider à communiquer. Elle nous propose de venir manger chez la mère du propriétaire. Bien sûr, on est tous les deux curieux et très intéressés comme on n’a pas encore mangé chez des locaux. En Iran, on aimait tellement la cuisine de mamans qui n’avait rien à voir avec celle des restaurants !

On s’installe et la table se couvre de plusieurs plats : différents champignons, jambons fumés, lard sauce aux oignons, des gros pois blancs, du chou bouilli, le tout accompagné de riz blanc et d’alcool de riz (whisky chinois). Un délice ! Pendant le repas, on discute via notre interprète. Elle nous explique que la famille qui tient le gîte est bai, une des nombreuses ethnies présentes en Chine. Quand à elle, elle nous avoue qu’elle et ses amis sont chrétiens pratiquants. L’un d’entre eux nous montre même la croix qui pend au bout de la chaîne autour de son cou. Cependant, ils n’ont pas le droit de se réunir pour prier dans une église alors c’est à la maison qu’il le font. Les religions en Chine sont considérées comme une menace pour l’État.

Shaxi, où quand la Chine rencontre la Suisse

Comme le réseau routier est dense, on hésite sur la route à suivre. L’axe direct mais très emprunté, ou la petite route de vallée. On suit une fois de plus la recommandation d’Estelle en allant visiter Shaxi, tant pis si le goudron disparaît. Il y aura encore moins de trafic.

La route qui nous mène au village sinue dans les montagnes. D’un côté, c’est la montagne Shibao avec de nombreux temples. Comme l’entrée de cette route est interdite aux véhicules personnels, y compris vélos, on continue à travers les villages vers Shaxi. On passe par des petits temples colorés avec de grandes statues et c’est au bord de la rivière que l’on s’installe tranquillement pour la nuit.

Les villages sont surprenamment remplis de toile araignées, couvrant toits, pylônes et fils électrique. On nous dira plus tard que ces grosses araignées noires et jaunes ne sont pas venimeuses. Mais pourquoi autant ?

Les rues pavées du centre de Shaxi nous font découvrir une suite de jolies maisons en bois. Tout est propre, les magasins ne gâchent pas l’ambiance et les cafés sont tous plus mignons les uns que les autres. On ne s’étonne pas quand on lit qu’une fondation suisse participe à la rénovation de la ville ! En s’éloignant, on passe par le marché du vendredi. Une longue rue est jonchée de vendeurs de vêtements, d’ustensiles de cuisine et bien entendu de fruits, légumes et viandes. Au gré des stands, on s’arrête pour goûter un fruit de la passion, un pain cuit à la vapeur, des biscuits et même du jambon cru. Voilà notre repas de midi.

De marché en marché

Dans le village suivant, une vingtaine de kilomètres plus loin, la rue principale est aussi fermée pour le marché. Même chose, on pose les vélos et on prend un jus de citron frais sucré, du tofu grillé épicé, des beignets. Angélique s’en va pour demander de l’eau à un restaurant. Cinq femmes assises là commencent à prendre des selfies et à poser des questions auxquelles elle n’est pas capable de répondre. Puis quand Xavier arrive, c’est la même chose. C’est la première (et dernière) fois qu’on a une réaction aussi forte en Chine. Le contact social n’y est pas facile.

C’est le temps des marchés car le lendemain c’est deux de plus que l’on traverse. Ils sont également en plein sur la rue principale, bloquant le trafic (pas très fort). En même temps il n’y a pas le choix, c’est la seule rue un peu grosse des villages. On venait à peine de petit déjeuner alors on a peu goûté aux denrées étalées (si si ça nous arrive de nous retenir). On se contente de galettes frites à base de farine de maïs (alors qu’on venait de se demander si tout ce maïs était OGM ou non et si cela pouvait avoir des conséquences pour les humains). Le soir même, on campera dans ce qui nous semble le parc d’un beau restaurant, au bord de la rivière. Notre abri nous protégera de la pluie et le lendemain on pourra repartir secs pour Dali !

Hospitalité retrouvée

Après le beau lac de Dali, on est accueillis par notre premier Couchsurfeur chinois. On avait pas été hébergé par des locaux depuis le Tadjikistan et on a pas eu de longues conversations en anglais avec les chinois (si ce n’est au gîte de Jianchang). On avait donc cherché un hôte prêt à nous accueillir dans la seule ville où notre itinéraire nous guidait. On arrive chez Aihun, un moine passionné de poterie. Xavier aura même droit à une séance d’initiation et une petite statuette souvenir.

Aihun a rénové la maison où il habite avec sa copine depuis deux ans. Le soir on boit des bières en mangeant le gratin de pommes de terre qu’on a fait et les légumes au wok qu’il a préparé. On profite d’une journée de repos complète en vue de la suite.

Les discussions avec Aihun sont intéressantes. Il est moine indépendant. C’est à dire qu’il ne s’associe pas à un temple. Les gens peuvent directement venir le voir et il médite tous les matin chez lui. D’après lui les temples sont trop pervertis par les offrandes qui les font vivre.

Campagne vallonnée…

On roule encore 75km le lendemain sur des axes plus ou moins grands que l’on quitte ensuite complètement. S’en suivent 350 kilomètres superbes dans la campagne profonde du Yunnan.

La belle campagne du Yunnan, ça monte et ça descend.

On pédale toujours de village en village mais les gens sont encore plus surpris de nous voir. Alors que Xavier perçois souvent devant, l’incompréhension sur les visages, Angélique a la chance juste après de voir un grand sourire, un signe de main ou un bonjour. On campe six nuits d’affilées, à chaque fois dans de superbes endroits.

Il nous faut presque une semaine pour rejoindre l’axe principal, parce que la campagne du Yunnan ça monte. On fait 1000m de dénivelé tous les jours. Les villages sont placés au sommet des cols pour profiter du soleil et il faut redescendre dans la vallée, parfois à hauteur du Fleuve Rouge, avant de remonter en face.

Très isolé et très beau.

…pervertie par la mondialisation

Les cultures sont centrées sur le maïs, que l’on voit ensuite sécher à même le sol dans les cours ou sur les toits. Les épis passent ensuite dans une égreneuse (machine très ingénieuse pour enlever les grains de maïs de l’épi). Les machines rurales n’ont pas de moteur et sont actionnées à la main par une manivelle.

C’est cependant malheureux de voir de la monoculture alors que tant pourrait pousser ici. A notre grand bonheur beaucoup de courges, plantées, ou sauvages, poussent en bordure des plantations de maïs et on en cueille souvent en passant à vélo. On respecte avec soin les 5 fruits et légumes par jour !

On voit aussi de temps en temps les grains de riz sécher sur le sol. Comme nous n’en avons jamais vus auparavant, on met du temps à les reconnaître. Avant les rayons du supermarché, le grain de riz est couvert par une cosse beige, un peu comme un grain de blé. Il n’est pas blanc, du coup moins instinctif à reconnaître.

L’eau n’est pas un problème, il y a toujours les grosses thermos d’eau bouillante un peu partout et on peut filtrer l’eau des rivières dans lesquelles on se baigne. On achète des légumes au jour le jour dans les petits villages et on peut rouler en musique entre deux. Il n’y a personne sur ces routes si petites. On écoute également beaucoup de podcasts en roulant, histoire de diversifier les discussions après dix mois de voyage 24/7 !

Le pique-nique du siècle : moutarde (au miel), fromage (Vache qui rit) et jambon fumé. De quoi faire le plein de motivation pour la prochaine montée !

Le Yunnan fait plusieurs plateaux, chacun à des altitudes différentes. On est partis du plus haut, au nord de Shangri-la, à 3400m, et on s’apprête à descendre au plateau le plus bas, avant la frontière du Vietnam. On descend à 400m d’altitude, ça faisait longtemps que l’on avait pas été aussi bas.

On retrouve le Fleuve Rouge que l’on suivra jusque la frontière, puis plus tard, au abord de Hanoï. La vallée est couverte de mandariniers, toujours en monoculture. On en avait jamais vu autant.

Le Fleuve (littéralement) Rouge

Rizières en terrasses

On se pose deux jours dans le village de Yuanyang pour aller voir les cultures de riz sur les hauteurs. On a pas la motivation de faire les 1400m de dénivelé aller-retour et on monte en bus.

Quelle vue n’est ce pas

D’abord prises dans le brouillard, les cultures s’avèrent ensuite magnifiques au soleil.

L’eau se reflète avec les rayons et on peut voir la multitude de terrasses. En se baladant au travers on voit quelques locaux qui labourent à la main avec une charrue tirée par un buffle, les deux pieds dans la rizière, de la boue mi-cuisse.

Ici on laboure avec les buffles

On profite d’un joli coucher de soleil et on redescend auprès de nos montures.

L’erreur du débutant

On prévoit un autre stop au village de Manhao pour assister au marché aux herbes de Jinping. Il nous avait été recommandé par « maman » Estelle à Shangri-la. N’ayant lieu que le dimanche matin, on s’était dépêché pour être bien synchronisé.

C’est plein d’attente que l’on prend le bus tôt le matin pour une heure de route. Seul hic, on a perdu l’habitude de voyager sans nos vélos chargés et tôt le matin on oublie de réclamer nos passeports au comptoir de l’hôtel. Jinping étant proche de la frontière, on n’échappe pas au contrôle de police à l’entrée de la ville. C’est à ce moment là que l’on se rend compte de notre erreur. Douche froide et retour en stop direct à l’hôtel. Dépités, on reste autour pour trouver à manger dans le marché local, qui s’avère en fait être bien rempli et sympathique également.

La base des nouilles de riz

Derniers instants dans l’Empire du Milieu

On ralenti sur les derniers kilomètres avant la frontière. A partir de maintenant tout est chronométré par la durée des visas. Comme ils sont tous limités à un mois on sait exactement notre date d’entrée en Thaïlande en fonction de notre sortie de Chine. Et comme on doit retrouver la famille de Xavier en Thaïlande pour deux mois, on essaye de sortir de Chine le plus tard possible.

On rencontre Marleen et Ewout de Hollande proche de Hékou et de la frontière. Ils sont les premiers cyclo-touristes que l’on rencontre en Asie du sud-est et avec qui on pédale un peu. Les hollandais font un voyage de 5 mois à vélo en Asie du sud-est. On verra plusieurs autres couples faisant la même chose.

Après nos derniers mets chinois et nos premier nems on se dirige vers la frontière pour découvrir les fameux banh mi dont nous avons tant rêvé les jours passés.

A découvrir très bientôt !

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