Mai 9, 2020 | Vers l'Est | 1 commentaire

Parcours grand huit dans le nord de la Thaïlande

On en rêvait de ces montagnes après des semaines de plats, mais si on avait su ce que nous réservait le nord de la Thaïlande on aurait parlé moins vite. Mais malgré des pentes d’une raideur insensée, on est très contents d’avoir repris de la hauteur et retrouvé un peu de fraîcheur. Le nord de la Thaïlande est très beau, venez le découvrir avec nous.

De Phitsanulok à Pai en famille

Retrouvailles

On retrouve les parents et le frère de Xavier à la gare de Phitsanulok et après une séance retrouvaille riche en émotions, on se dirige vers notre auberge de jeunesse. Marc, le propriétaire, a également un compte Warmshowers et aime discuter avec les voyageurs à vélo. C’est l’occasion d’une première rencontre Warmshowers pour Véronique, Vincent et Loïc qui leur donnera peut être l’envie de nouvelles expériences.

Un an, jour pour jour, Vincent nous déposait à Turin pour le début de notre voyage. On passe la soirée sur les souvenirs en se baladant dans le marché de nuit de la ville, transformé pour l’occasion en petit festival.

C’est parti !

En avant

Forts de nos retrouvailles on part le matin plein d’énergie en direction du parc historique de Sukhothai. Rouler le long de la voie rapide ne nous vient même pas à l’esprit et on se lance sur les petites routes et chemins. C’est d’autant mieux, que l’on peut rouler deux ou trois de front, la musique à fond.

On s’arrête au passage pour voir les nénuphars géants, quelques kilomètres après Phitsanulok. Première pause après 10km, on démarre tranquillement.

Ça aurait été dommage de rater cette belle photo

Viser les petites routes nous emmène sur des pistes et on apprécie les VTT des le premier jour.

“Si j’avais su, j’aurai pas venu.” Mais si !

Temples et statues

Le parc historique de Sukhothai est bien entretenu et les vestiges imposants. On peut circuler librement entre les nombreux temples et anciennes statues de Bouddha. A nouveau on est content d’avoir les vélos pour se déplacer plus allégrement.

Ch’ui caché !

On continue le lendemain direction Phrae. A cinq c’est tout de suite plus compliqué pour les logements. C’est incertain d’arriver dans les zones rurales, plus reculées et éloignées des grandes villes ou sites touristiques sans réservation, et il n’y a pas assez de place dans la tente pour cinq ! On tente de réserver tout au long du parcours à l’avance par divers moyen.

On coupe, en fonction des logements trouvés, la distance jusque Phrae en 3 jours.

Le trajet se fait dans les plaines, le long des rizières. On alterne entre temples historiques et temples actuels. A nouveau on arrive à éviter les grands axes. On est un peu plus lent mais c’est beaucoup plus agréable.

On s’arrête en fin de journée au parc historique de Si Satchanalai, datant également de l’empire Siam du 13eme et 14eme siècle.

Vestige des temps passés

On attaque le lendemain notre première montée de 300 mètres de dénivelé. Ça fait longtemps qu’on en a pas fait, on appréhenderait presque. Mais la montée se fait très vite, malgré la chaleur. On profite encore de l’énergie que nous avait procuré l’image de notre premier éléphant. Xavier, arrêté au bord de la route (pause pipi) aperçoit par chance l’éléphant et son cornac au travers des fourrés et rameute la bande.

La vieille ville de Phrae est très agréable à visiter. Tout est relativement proche (c’est tout de même mieux à vélo) et on peut déambuler facilement entre les petites rues. On visite d’abord les nombreux temples, très décorés, dans un style particulier. Certains diront exubérants, voir un tantinet inappropriés. Puis il y a les fameuses maisons en Teck. Certaines des maisons les plus majestueuses et bien préservées sont ouvertes au public et on peut en admirer l’intérieur.

Pourquoi y a t-il un Pikachu au milieu du temple ?!

Il fait chaut, c’est quand les montagnes

On commence à expérimenter la raideur du nord de la Thaïlande après Phrae. On avance sur une route digne d’un grand huit en direction de Lampang, montée et descente de 100 mètres à 15%. Mais la journée est courte et on a droit à une jolie pause dans une ferme pour midi.

On arrive à Lampang après une journée rock’n’roll. Plutôt que le grand axe, on suit une piste traçant au milieu de la forêt, non loi, à notre surprise de la ligne de train qu’avaient pris la famille quelques jours plus tôt. Lampang est également très jolie et on profite d’une journée pour visiter les vieux quartiers.

Non, ce n’est pas Georgetown en Malaisie !

C’est en montant vers le parc national de Doi Khun Tan que l’on affronte les routes les plus raides de tout le voyage. La carte n’annonçait rien d’insurmontable, 300 mètres de dénivelé sur 4 kilomètres. C’est raide mais ça le fera, se dit-on naïvement. Mais c’était sans compter les redescentes entre les remontées. C’est au final trois montées bien musclées avoisinant les 20 % que l’on pédale : un joli petit challenge. Heureusement que Véronique était là pour revenir aider à pousser !

Pas facile quand on est chargé comme des mules

Mais la montée vaut la peine. On trouve enfin la végétation verte, épaisse et luxuriante, attendue en Thaïlande. Les plaines sont trop chaudes et sèches pour la jungle. Il faut monter sur les hauteurs.

La végétation en haut du parc, bien différente de celle des plaines

Après avoir vérifié les freins, on redescend dans la vallée suivante en direction de Lamphun. Mais on évite la ville en passant au sud pour vite remonter dans la vallée de Mae Wang qui serpente en direction du parc national du Doi Inthanon.

Nous avions repéré cet itinéraire à l’avance car sur la carte il est ensuite possible de couper à travers les montagnes en direction de Pai. L’itinéraire parait splendide, mais nous n’avons aucune information sur l’état de la route, qui paraît très petite sur notre carte, en espérant qu’elle passe jusqu’au bout. Nous avons quelques contacts d’hôtels mais il y a 70km et 2000 mètres de dénivelé cumulé entre deux. Tant pis, advienne que pourra.

Ils sont où les éléphants

Le début de la vallée s’avère un très bon choix. La route serpente allègrement le long d’une petite rivière. La température est plus fraîche, le fond de l’eau aussi.

Plusieurs éléphants traversent la rivière et remonte vers les nombreux camps qui remplissent la vallée. L’ambiance est amicale et l’organisation des camps semble faite dans le respect et la protection des animaux. Mais cela reste un point de vue extérieur et rapide. Nous prenons néanmoins le temps de jouer avec l’un deux et de prendre quelques photos. Les bananes achetées pour cet éléphant resteront les plus chères du voyage.

Nous rejoignons le Mothership à Ban Mae Mut où nous avons réservé un magnifique dortoir à ciel ouvert. Dans cette belle vallée, la vue depuis les lits est splendide.

Nous avions repéré en montant une scène de concert en préparation sur la place du village. Notre hôte nous informe que la fête de mariage d’un jeune couple thaïlandais aura lieu ce soir et nous y sommes conviés. On se joint donc au cadeau de notre hôte pour le jeune couple et nous dirigeons vers la réception. Ce fût une soirée mémorable, bien différente de ce dont on aurait pu s’attendre pour une fête de mariage. Nous n’avons pas compris les discours en thaï, mais qu’à ça ne tienne, nous avons bien ri, bien mangé, bien bu et bien dansé.

Ça monte, ça monte, ça monte

Le lendemain est un peu difficile, d’autant que ça monte. La famille part devant est nous tentons de faire du stop pour cette première montée. Angélique trouve un pick-up pour y mettre son vélo et récupère les sacoches de Xavier en le rattrapant. Monter à vide c’est quand même plus facile. On se retrouve tous au croisement après les premiers 700 mètres de dénivelé. La route principale continue vers le Doi Inthanon et nous coupons vers Pai.

La journée n’est pas finie et nous continuons sur de jolies pentes frôlant de nouveau les 20%. Décidément, les étapes dans le Nord de la Thaïlande se méritent.

On trouve de nombreuses cultures au fond de la vallée

Des fraises ?!

Les villages sont plus peuplés que ce à quoi on s’attendait mais la route est bonne jusqu’au bout, tant mieux. Mais la plus grosse surprise ce sont les cultures de fraises. Il y en a partout. Nous ne nous y attendions pas et en plus c’est la saison. On rate de peu le festival de la fraise qui se déroule début février à Samoeng proche de là mais on apprécie tout de même ces petits fruits rouges.

Le lendemain est à nouveau intense, 70km, 2000m de dénivelé. Avec nos mules chargées nous ne partons pas sur ce gros challenge et on arrange un pick-up pour les vélos sur les premiers 30km. C’est un peu triché mais on apprécie plus la partie qui vient ensuite sur les crêtes. Le ciel est grand bleu. On est enfin au dessus de cette couche de brouillard gris légèrement opaque qui bouchait toujours l’horizon.

Attention pizzas pour midi avec pâte maison !

On croyait être rendu avec les montées mais la journée entre Wat Chan et Pai est encore bien raide. Nous avons réservé dans des beaux bungalows au Pai Village Farm et nous profitons d’une journée repos bien méritées.

L’apéro enfin

Pai n’a rien à voir avec la vallée d’où nous venons. Le centre est rempli de bars, de restaurants et d’animations pour attirer les nombreux touristes qui remplissent les rues. L’ambiance n’est pas désagréable mais c’est surprenant de revoir autant de touristes d’un coup. Ce n’est plus vraiment ce que l’on recherche.

La complicité avec les locaux se fait plus rapidement dans les zones moins touristiques

Nous avons finalement décidé de laisser nos affaires à Pai, le temps de finir la boucle avec la famille de Xavier jusqu’à Chiang Mai. Nous reviendrons ensuite à Pai pour continuer sur la boucle de Mae Hong Son en direction du temple où nous ferons notre retraite Vipassana.

Et bien c’est beaucoup plus facile sans sacoches. La montée après Pai en direction de Chang Mai passe toute seule. On rencontre un impressionnant couple de hollandais en cyclo-voyage, plus âgés et alors plus chargés que nous. A nouveau on en prend de la graine. Le voyage se fait à tout âge.

Encore une petite boucle

On fait une boucle vers les projets de ferme Earth Home et Pun Pun que nous avait conseillés Olivier au Cambodge lorsque nous étions en volontariat chez lui (OrganiKH Project). Les deux sont des fermes en permaculture et nous sommes curieux de voir ce qu’elles ont développé.

Le chemin se combine bien avec la visite d’un dernier parc à éléphant. Les éléphants sont en libertés dans un grand parc de 10km sur 10km coupé en deux par le lit d’une rivière. Les éléphants sont toujours en captivités mais le service de chambre semble de qualité. Malheureusement nous ne pouvons entrer dans le parc. Il faut réserver à l’avance (et le prix est hors budget).

En chemin on a l’opportunité d’assister à des combats de coqs. Les arènes sont dressées et les spectateurs rassemblés autour. On ne comprend pas les échanges entre ces messieurs mais on imagine que les paris sont lancés. Les combattants sont placés dans l’arène et c’est parti. Ça cri au milieu des coups de plumes. Une fois le combat terminé, les coqs passent par le vétérinaire qui s’occupe de les recoudre pour le combat suivant.

C’est l’occasion d’un dernier logement dans la jungle et pas des moindres. On passe une soirée en musique au bord du feux où nous jouons nous-même les musiciens avec la famille présente.

Encore une belle photo Tinder

Ouverture d’esprit

La ferme Pun Pun a pris un tournant un peu différent de ce à quoi on s’attendait. Dans l’idée de recréer un espace naturel, le lieu donne une impression de laisser-aller pour le regard extérieur du visiteur. Mais le nombre impressionnant de volontaire longue durée montre que la boutique tourne bien et inspire les esprits.

Nous avons des discussions intéressante avec Thongbai, notre hôte à Earth Home. Elle a travaillé plusieurs années à Bangkok avant de revenir aux sources et préconise aujourd’hui un mode de vie sain, plus simple et proche de la terre.

Un joli documentaire a été réalisé sur ces projets d’Asie du sud-est par le groupe Clap Solidarité.

Angélique et Véronique suivent un cours pour faire leur propre savon et nous finissons la dernière étape de ce tour pour arriver à Chang Mai. Les filles profiteront du temps en ville pour suivre un cours de massage thaï sur 3 jours. On demandera aux garçons ensuite de juger le résultat.

C’est l’occasion de passer quelques dernières bonnes soirées dans les nombreux marchés de nuit de la ville et de terminer par un gourmet thaï qui relève la qualité des currys. La nourriture thaï vaut sa réputation.

Il faut se dire au revoir et après une dernière bière Chang, la famille repart vers la France et nous continuons notre route. Le cœur lourd mais plein de bons sentiments on repart en direction de Pai, l’esprit tourné vers le temple Vipassana dans lequel nous planifions de rester dix jours pour méditer : une nouvelle expérience de recherche intérieure, chargée en découverte et sensation à venir.

1 Commentaire

  1. Bravo la famille ! Super chouette votre mois de janvier à cinq !
    Les fraises sont enfin mûres dans notre jardin…

    Réponse

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